SONDAGE

Les Tarnais disent «oui» au projet d’autoroute Castres-Toulouse

L’IFOP a réalisé un sondage pour La Dépêche du Midi sur le projet d’autoroute Castres-Toulouse. Verdict : les Tarnais disent «oui» à une nette majorité à ce projet.

L’autoroute Castres-Toulouse fait parler d’elle depuis au moins trente ans dans tout le Tarn. Alors que le projet semble enfin sur les rails avec une enquête publique programmée à la fin de l’année, La Dépêche du Midi a souhaité sonder la population. Et c’est une première. Notre journal a commandé un sondage à l’IFOP pour connaître l’état de l’opinion tarnaise sur cette question qui fait débat. Cette enquête a été effectuée à l’échelle du département, du 8 au 10 juin, par téléphone, sur un échantillon de 604 personnes représentatif de la population. L’IFOP ne s’est donc pas contenté d’interroger les habitants du sud-Tarn, principaux concernés, mais a aussi consulté les habitants de l’arrondissement d’Albi. Et le résultat est assez net : le projet d’autoroute suscite l’adhésion des Tarnais qu’ils soient d’un côté ou de l’autre du Dadou. Au total, cinq questions ont été posées à cet échantillon. En voici les principaux enseignements.

Les Tarnais derrière le projet. C’est une petite surprise : le projet suscite autant d’adhésion au nord qu’au sud du département. À la question êtes-vous favorable ou opposé à ce projet, 79 % des sondés répondent positivement contre 17 % l’inverse. L’IFOP a même affiné les résultats par zones géographiques. Le taux d’adhésion grimpe à 81 % sur Castres-Mazamet, 82 % sur la Montagne (de Lacaune à Anglès). Sur le secteur Lauragais-Vaurais, plus proche de Toulouse et donc a priori moins concerné par la question du désenclavement, les partisans sont encore majoritaires avec 73 % d’opinions favorables contre 22 %.

Un dossier prioritaire. L’institut a interrogé les Tarnais sur l’urgence de construire cette autoroute. Le résultat est là aussi assez net avec 68 % de «oui» et 30 % de «non». Là encore, peu de différences entre «nord» et «sud». Sur Castres-Mazamet et la Montagne l’urgence recueille 78 et 79 % de «oui». Sur le Lauragais-Vaurais, le résultat est logiquement plus serré avec quand même une majorité de sondés qui estiment que les travaux doivent être lancés rapidement : 58 % contre 41 %.

Un impact positif. L’IFOP a demandé aux Tarnais si l’autoroute aura ou non un impact positif pour le département. Les réponses sont favorables pour quatre des six thématiques retenues. Le «oui» l’emporte pour les conséquences sur l’activité économique et touristique (76 %), les conditions de circulation (75 %), la qualité de vie (64 %) et même le prix de l’immobilier (45 % contre 26 %) sans grandes disparités d’une zone géographique à l’autre.

En revanche, les sondés estiment que l’autoroute aura un impact négatif sur le niveau des impôts locaux (51 %) et sur la santé des habitants vivant à proximité de cet axe (47 % contre 14 %).

Les Tarnais l’emprunteront. L’institut a aussi demandé aux Tarnais s’ils envisageaient de prendre la future autoroute. La question concerne davantage les habitants du Sud puisque les Albigeois ont déjà l’A 68. Sur Castres-Mazamet, 30 % des sondés disent qu’ils utiliseront régulièrement cet axe et 40 % de temps en temps. En revanche, sur la partie Lauragais-Vaurais, plus proche de Toulouse, 19 % des sondés disent qu’ils utiliseront cet axe régulièrement ou de temps en temps, 33 % répondent «jamais».

Les résultats de notre sondage vont être abondamment commentés. Nul doute qu’ils donneront des arguments supplémentaires aux pro-autoroute comme en témoignent les premières réactions collectées hier.
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Eric Berger