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Article la dépêche du 19/10/16

Autoroute : encore un avis très réticent du Commissariat à l’Investissement

Autoroute Castres-Toulouse – Désenclavement

 

Après l’Autorité environnementale, c’est le commissariat à l’investissement qui vient d’émettre son avis sur le projet d’autoroute Castres-Toulouse sur le plan socio-économique. A l’appui d’une contre-expertise, il pointe de nombreuses lacunes du projet.

Après une rafale de 47 recommandations prononcées par l’Autorité Environnementale sur le dossier préparatoire à l’enquête publique pour l’autoroute à péage Castres-Toulouse, c’est maintenant le Commissariat Général à l’Investissement (CGI) qui vient de rendre son avis. Et il n’est pas tendre. Rappelons que les grands projets d’investissements doivent être soumis à ces deux administrations avant d’être mis à l’enquête publique, l’une sur l’aspect environnemental et l’autre sur la cohérence socio-économique du projet.
«il manque un comparatif»

Le rapport signé du commissaire général Louis Schweitzer émet sept recommandations très critiques sur les études et calculs présentés par la Dréal, estimant que certains scénarios sont «simplificateurs», que les calculs de temps gagné n’apportent pas «d’éléments convaincants», que l’infrastructure semble surdimensionnée pour le trafic escompté. Entre autres.

Lui aussi, comme l’Autorité Environnementale, estime qu’il manque au dossier un comparatif avec un aménagement routier sur place et gratuit pour l’usager dans un délai raisonnable plutôt «qu’une concession avec un péage élevé et la transformation de contournements actuellement gratuits en sections payantes.»

«un trafic moindre qu’espéré»

En guise de conclusion, cette autorité, rattachée au Premier ministre, et qui s’appuie sur une contre-expertise réalisée par un cabinet indépendant et désigné par elle-même, pointe le risque de voir cette autoroute bénéficier d’un «trafic moindre qu’espéré» notamment en raison du coût du péage (7,50 € le trajet).

Elle évoque aussi la possibilité d’améliorer le temps de trajet entre Toulouse et Castres de façon substantielle en réalisant des travaux d’aménagement de l’existant à hauteur de l’engagement financier de l’État et des collectivités locales dans l’option «autoroute concédée». Avec du même coup la gratuité pour les usagers.

Des observations qui ne manqueront pas de faire plaisir aux anti-autoroute qui plaident en faveur de solutions alternatives.

Cet avis sera donc joint au dossier d’enquête publique mais d’ici le lancement de celle-ci, la Dréal devrait s’en inspirer pour améliorer et approfondir la présentation du bilan socio-économique du projet d’autoroute. Une enquête publique qui est toujours annoncée pour le mois de décembre prochain.


Via 81 «Une vision parisienne»

L’association Via 81 qui regroupe les «pro autoroute» a réagi hier en ces termes : «Quel crédit accorder aux avis de l’Autorité Environnementale et maintenant du Commissariat Général de l’Environnement ? C’est la question que l’on se pose, en sachant qu’aucun des pseudos experts qui ont rendu cet avis n’a daigné se déplacer dans le Tarn. Rédigé d’un chaud bureau parisien, loin de la réalité du terrain, ce rapport bouclé en deux petits mois prétend balayer 10 ans d’études, de débat public, de concertation et de décisions actées quelles que soient les majorités politiques. L’association VIA81 conteste avec force ces analyses tronquées et orientées. On hallucine à la lecture de certaines recommandations : proposer une 2×1 voie à péage, formule qui a démontré ailleurs son caractère meurtrier, est irresponsable et scandaleux. Afficher un coût de péage de 7,50€ sans aucun élément probant est faux et manipulateur. Les auteurs de ces avis seront-ils là lorsque les plans sociaux se succéderont dans le sud du Tarn ou quand les pôles universitaires fermeront ? Quel dédain pour les 78% de Tarnais qui sont favorables à l’autoroute et qui, eux au moins, savent de quoi ils parlent ! Nous n’accepterons pas que ces avis puissent retarder le démarrage de l’enquête d’utilité publique. Ca suffit! Après des décennies de retard et d’atermoiement, le sud du Tarn n’accepte plus de se faire balader. C’est l’avenir de nos emplois et de nos enfants qui est en jeu. L’association VIA 81 exige le lancement en décembre de l’enquête d’utilité publique, et invite tous ceux qui veulent se battre pour l’avenir du sud du Tarn à nous rejoindre.» (www.via81.fr)