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Article la dépêche du 11/10/16

Autoroute : l’avis sévère de l’Autorité environnementale
Autoroute Castres-Toulouse – Désenclavement

L’Autorité Environnementale, organisme indépendant qui émet un avis sur les grands projets d’infrastructure vient de communiquer son rapport sur le projet d’autoroute Castres-Toulouse. Un avis sévère comportant 46 recommandations.

C’est désormais une obligation légale : chaque grand projet d’infrastructure routière, ferroviaire ou autre doit être soumis à l’Autorité Environnementale (A.E.) qui rend un avis consultatif et fait des recommandations avant que ne soit lancée l’enquête publique. Ce «gendarme» du conseil général de l’Environnement vient de remettre sa copie concernant le projet d’autoroute à péage Castres-Toulouse dans un document de 30 pages très argumenté et disponible pour tous (1). Il sera forcément joint au dossier d’enquête publique, laquelle devrait avoir lieu en décembre prochain et la Dreal est invitée, si elle l’estime nécessaire, a suivre tout ou partie des 46 recommandations prononcées par l’Autorité.

Le rapport est globalement très sévère à l’encontre du projet autoroutier et pointe des manques importants dans l’étude sur les impacts environnementaux et certaines solutions proposées. Elle pointe notamment la fragmentation du territoire qui sera traversé par l’autoroute, la consommation de sols naturels et agricoles, la pollution de l’air et les risques sanitaires.

L’AE qui n’a pas vocation a émettre un avis favorable ou défavorable aux projets qu’elle examine recommande à plusieurs reprises que soit approfondie la comparaison du projet autoroutier avec un aménagement sur place de la Nationale 126. Méticuleusement, point par point, l’AE souligne la nécessité de justifier la hausse du coût du projet, demande des compléments sur l’évaluation des trafics entre Castres et Toulouse (voiture, bus, train …), estime que l’inventaire des zones humides est insuffisant, réclame des mises à jour des données sur la qualité des eaux, sur l’impact de la qualité de l’air à Toulouse.

Près de cinquante recommandations au total y recensées par l’Autorité. Au service communication de l’AE on précise : «La démarche de l’Autorité peut se résumer en trois lettres : l’ERC. Eviter les impacts sur l’environnement quand c’est possible. Sinon les Réduire au maximum. Et en dernier ressort Compenser les impacts par des actions positives en faveur de l’environnement.»

Des arguments pour les Verts

Ce sont bien sûr les écologistes qui ont réagi en premier après la publication de ce rapport. Pour Guillaume Cros, conseiller régional EELV (Europe Ecologie Les Verts) : «Cet avis est accablant pour le projet autoroutier (…). Des arguments défendus depuis de nombreuses années par les opposants au projet!L’autorité environnementale recommande également, d’approfondir les études sur l’aménagement de l’existant. Depuis de nombreuses années, nous plaidons pour que cette étude soit enfin réalisée afin que soit analysé l’impact socio-économique, environnemental mais également en matière de sécurité de cette alternative».

Quant aux défenseurs du projet, ils ne lâchent rien comme on peut le lire dans leur communiqué d’hier à lire ci-dessous.

1- http ://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr Lire dans rubrique «au cas par cas».
Via 81 reste «vigilants et mobilisés»

L’association Via 81 qui regroupe les défenseurs du projet d’autoroute a expliqué hier : «L’avis consultatif rendu par l’Autorité environnementale n’est en rien de nature à remettre en cause l’autoroute entre Toulouse et Castres-Mazamet. Elle fait des propositions dont certaines seront utiles à l’insertion environnementale du projet. Elle reconnait implicitement la nécessité d’améliorer les communications routières entre Castres et Toulouse. Par contre, il est surprenant et regrettable que l’AE déborde de son domaine de compétence en abordant l’opportunité économique et sociale du projet, surtout lorsqu’elle le fait en reprenant mot pour mot les arguments des associations de riverains et communes de la première couronne toulousaine opposées à leur traversée ! En ne prenant pas en compte les évolutions technologiques déjà acquises dans la motorisation des véhicules, elle fait des prévisions inexactes sur la pollution générée par la circulation future. Elle s’aventure dans des considérations étonnantes en laissant entendre que l’autoroute aggraverait la pollution au cœur même de Toulouse, ce qui laisse pour le moins perplexe au vu de l’importance du trafic dans l’agglomération toulousaine, dont les véhicules venus de Castres-Mazamet ne constitue qu’une part infime. Nous rappelons que le grand débat public qui a mobilisé des milliers de citoyens, acteurs économiques et politiques et de nombreuses institutions dont le Conseil économique social et environnemental de Midi Pyrénées, a conclu à l’opportunité de réaliser cette autoroute par concession autoroutière pour répondre à la déconcentration de la métropole toulousaine par le développement du sud du Tarn et à la nécessité de la mettre en service dans les meilleurs délais. L’association VIA81 appelle les services de l’Etat et la Société ASF maitres d’ouvrages, à prendre en considération les avis de la Haute autorité environnementale, tout en respectant les délais arrêtés en comité de suivi et de pilotage. Nous restons plus que jamais vigilants et mobilisés pour que le lancement de l’enquête publique ait bien lieu, comme annoncé, en décembre 2016.»