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Article la dépêche du 08/07/16

Autoroute : une étude alternative qui agace les défenseurs du projet

Autoroute Castres-Toulouse – Désenclavement

Le conseil régional a finalement accepté de co-financer une étude des solutions alternatives à l’autoroute Castres-Toulouse réclamée par les opposants. De quoi faire rager les pro-autoroute de Via81 qui craignent des errements et un retard de l’enquête publique.

Le collectif des quinze maires qui s’opposent au projet d’autoroute Castres-Toulouse mais aussi le parti EELV (europe écologie les verts) et ses élus à la nouvelle Région Occitanie ont fini par obtenir gain de cause auprès de Carole Delga, présidente de la Région. Lors de la commission permanente tenue il y a une semaine à Montpellier, Carole Delga a indiqué en effet qu’elle restait favorable au projet d’autoroute concédée mais cofinancerait tout de même une étude des solutions alternatives (lire en encadré). Une étude d’un coût de 50 000 € au total qui devrait être commandée par une collectivité locale (une commune probablement) et livrée avant l’enquête publique prévue pour début décembre 2016.

Pour les opposants à l’autoroute, cette étude doit permettre de comparer le projet en cours avec un aménagement public et «light» de la Nationale 126 (sécurisation, contournements, portions 2×2).

 

Mais les pro-autoroute, du coup, ne sont pas très contents et y voient un risque de retard sur un projet qui en a déjà beaucoup pris. Guy Bousquet, le président de l’association qui fédère les «pour» indiquait hier : «Depuis 2010, plusieurs millions d’€ d’argent public ont été dépensés par l’Etat pour le grand débat public, pour les études, impacts …etc. Nous nous interrogeons sur les objectifs précis de cette étude et les intentions de ceux qui vont la co-financer, c’est à dire les communes opposantes, la région Occitanie et le conseil départemental de Haute-Garonne.»

Via81 se demande pour quoi est faite cette énième étude : «Est-ce pour affiner le service rendu par l’autoroute aux entreprises et habitants de la Haute-Garonne ? Est-ce pour permettre d’engager des négociations sur l’implication financière de la Haute-Garonne ? Ou est-ce une manœuvre de diversion et d’obstruction d’un projet plébiscité par 79 % des Tarnais ?»

Guy Bousquet rappelle en effet que l’autoroute reste la seule solution viable et qu’il y a urgence : «En cas d’errements ou retard, nous sommes prêts à passer à l’action. De façon gentille ou un peu plus méchante…»

Via81 enfin demande «que le cahier des charges de l’étude soit largement diffusé et porté à la connaissance du public et que son comité de pilotage soit ouvert aux services de l’Etat, à la garante de la concertation et aux associations qui soutiennent le projet».


«C’est constructif»

Guillaume Cros, élu EELV à la Région Occitanie indique : «C’est une démarche constructive de la part de Carole Delga conforme à ses engagements de campagne sur la transparence et la comparaison de toutes les solutions sur les grands projets d’infrastructure. Au moment justement où va avoir lieu l’enquête publique, il est important que la population sache qu’elles sont les autres solutions alternatives d’aménagement public, moins cher, moins impactant sur l’environnement mais qui respecte le besoin de désenclaver le sud du Tarn.»

Linda Gourjade, députée du Tarn et elle aussi favorable à l’étude alternative ajoute pour sa part : «Cette décision est une très bonne chose. C’est la preuve que Carole Delga tient ses engagements . Cette étude sera un élément supplémentaire d’aide dans la prise de décision pour l’Etat et les collectivités.»


Carole Delga : «un débat serein, approfondi»

Pour Carole Delga : «Cette liaison concerne des dizaines de milliers de nos concitoyens qui font des trajets quotidiens. Elle garantira une meilleure fluidité et sécurité pour eux. Elle permettra également de relier ce territoire, particulièrement riche en entreprises, au réseau régional mais aussi national». Outre le fait que la Région souhaite que les aménagements soient de qualité et respectent tous les bilans de concertation notamment sur les sujets environnementaux et agricoles, Carole Delga a réaffirmé sa volonté que «l’enquête publique à venir permette un débat serein et approfondi». Elle a notamment annoncé que l’avis du Commissariat Général à l’Investissement (CGI) et le rapport d’experts indépendants seront ajoutés au dossier d’enquête publique. Sollicitée par plusieurs communes de la Haute-Garonne et du Tarn qui souhaitent également mener une étude complémentaire, Carole Delga a annoncé que la Région participerait, aux côtés du Conseil départemental de la Haute-Garonne, au financement de cette étude, dès lors qu’une de ces collectivités en assumerait le portage.